Accueil · Notre observatoire · Les implants intraoculaires, une alternative au laser pour corriger certains défauts de vision

Les implants intraoculaires, une alternative au laser pour corriger certains défauts de vision

Aussi fins qu’un pétale de fleur, invisibles une fois en place, les implants intraoculaires peuvent améliorer durablement la vision de certains patients. Longtemps associés presque exclusivement à la chirurgie de la cataracte, ils constituent aujourd’hui, dans des situations bien précises, une véritable alternative à la chirurgie réfractive au laser. Myopie forte, cornée trop fine, sécheresse oculaire importante… Dans ces cas-là, les implants intraoculaires phaques rendent de précieux services. Les explications du Dr Camille Rambaud, chirurgien ophtalmologue*.

Qu’est-ce qu’un implant intraoculaire phaque ?

Dr Camille Rambaud, opthalmologue

Dr Camille Rambaud : C’est une lentille artificielle, très fine, introduite à l’intérieur de l’œil et qui va y rester de manière définitive. À l’inverse d’une lentille de contact qui se pose sur la cornée, l’implant est inséré à l’intérieur même du globe oculaire. La lentille est positionnée entre l’iris et le cristallin naturel, sans retirer ce dernier, pour corriger un défaut visuel (myopie, hypermétropie, astigmatisme ou presbytie).
La majorité de ces implants est aujourd’hui fabriquée en Collamer, un matériau à la fois souple, pliable et parfaitement biocompatible. L’implant est plié pour être inséré à travers une micro-incision, puis il reprend sa forme une fois en place dans l’œil.

 

 

À qui sont destinés les implants phaques ?

Dr C.R. : Les implants dits « phaques » s’adressent aux personnes présentant un défaut visuel important ─ myopie, hypermétropie, astigmatisme ou presbytie ─ mais dont le cristallin est encore clair. Le cristallin naturel reste donc en place. L’implant est glissé devant

Crédit : https://microbiologiemedicale.fr/anatomie-oeil/

celui-ci, derrière l’iris. Les implants phaques sont particulièrement indiqués chez les patients pour lesquels la chirurgie réfractive au laser n’est pas la solution idéale. C’est le cas notamment en présence d’une myopie très forte (jusqu’à – 30 dioptries), d’une cornée trop fine ou irrégulière, ou encore d’une sécheresse oculaire importante, qui contre-indique souvent le laser. Les implants phaques constituent alors une alternative efficace. Le choix entre laser et implant repose sur un bilan ophtalmologique très précis, qui prend en compte l’âge, le mode de vie, la morphologie de l’œil, les attentes visuelles et les éventuels facteurs de risque.

Monofocaux, trifocaux, EDOF (Extended Depth of Focus)… Quel implant pour quoi ?

Dr C.R. : Selon le modèle choisi, les implants intraoculaires peuvent corriger différents troubles de la vision. Les implants monofocaux permettent une vision nette sur une seule distance, le plus souvent de loin. D’autres modèles sont conçus pour répondre à des besoins plus complexes.

Les implants bifocaux intègrent, sur un même implant, deux foyers optiques : l’un pour la vision de loin, l’autre pour la vision de près. Chaque œil peut ainsi voir à différentes distances sans lunettes, le cerveau sélectionnant automatiquement l’image la plus nette selon la situation. C’est un mécanisme de neuro-adaptation, généralement rapide chez la majorité des patients.

Les implants trifocaux ajoutent une vision intermédiaire.

Les implants toriques corrigent l’astigmatisme associé.

Les implants EDOF (Extended Depth of Focus) offrent quant à eux une profondeur de champ étendue, en privilégiant une vision fluide de loin et en vision intermédiaire. Ils fractionnent moins la lumière que les implants multifocaux classiques, ce qui permet de réduire les halos et les éblouissements nocturnes, au prix parfois d’une vision de très près moins performante.

Comment se déroule la pose d’un implant phaque ?

Dr C.R. : L’intervention se fait en ambulatoire, sous anesthésie locale, par simple instillation de gouttes. L’intervention est rapide, une quinzaine de minutes, et indolore. Les deux yeux sont opérés le même jour. Un contrôle a souvent lieu le lendemain, pour vérifier la bonne cicatrisation.

Comment se passe l’après ?

Dr C.R. : Le patient rentre chez lui avec une coque de protection, à porter la nuit pendant une semaine. Une légère rougeur peut persister 24 h à 48 h, mais la vision s’améliore rapidement, souvent dès le lendemain. Le patient peut reprendre ses activités habituelles le jour suivant l’opération, à condition d’éviter le sport intensif pendant dix jours, et la natation pendant trois semaines. Un traitement par collyres (antibiotiques et anti-inflammatoires) est prescrit pour quelques semaines.

Est-il parfois nécessaire de repositionner ou de remplacer un implant ?

Dr C.R. : C’est très rare. Une dégradation de la qualité de l’implant ou son désaxage sont des complications exceptionnelles. Il peut alors être nécessaire, soit de changer l’implant, soit de le repositionner. Quant aux cas d’infection, ils sont aujourd’hui exceptionnels grâce aux collyres antibiotiques.

L’un des avantages des implants phaques est leur réversibilité. Lors de l’apparition de la cataracte, par exemple, il sera possible de les retirer.

Quels résultats visuels peut-on en attendre ?

Dr C.R. : Les implants intraoculaires ne procurent pas une « vision augmentée », mais visent à corriger de manière durable un défaut visuel lorsque les lunettes, les lentilles ou la chirurgie au laser ne sont pas des solutions satisfaisantes. Les résultats sont excellents, dans l’immense majorité des cas.

 

*https://chirurgien-ophtalmologue.com